Parue dans le magazine QUORUM, Vol. 46 No 2, juin 2021

La dernière année en a été une de défis immenses pour l’économie. Rapidement, des fonds d’urgence ont été mis en place pour aider les PME à passer à travers cette crise. Et ce sont les services de développement économique des MRC qui ont été mis à contribution pour distribuer ces sommes. Portrait d’une année qui prouve toute la pertinence d’un service de développement économique près de son milieu.

« Les MRC connaissent leur monde »

Ramenons-nous en 2015 alors que le gouvernement provincial en place décrétait que les MRC n’avaient plus l’obligation de confier le développement économique de leur territoire à un CLD tout en voyant également leurs moyens financiers diminués. Cette situation avait soulevé son lot de protestation.

« Il faut arrêter de parler de tout ce qu’on a enlevé et trouver une façon de collaborer avec le gouvernement, avance Nadia Minassian, préfète de la MRC du Rocher-Percé et présidente de la Table sur le développement local et régional. Les MRC sont près de leur milieu et le gouvernement est très proche avec la réforme d’Investissement Québec. Comme MRC, on doit se demander, en tant que gouvernement de proximité, où on peut s’insérer dans cette vision. Aujourd’hui, je crois que le gouvernement a réalisé qu’on avait notre place, qu’on est en mesure d’aider nos PME à croître. Le contexte de la crise a été une opportunité de tendre la main aux MRC et on a pu prouver ce qu’on peut faire. »

Elle mentionne notamment que chaque MRC a l’avantage de détenir une connaissance fine de son territoire et de ses besoins. Ce qui est un atout indéniable pour utiliser à leur plein potentiel les outils d’aide au développement. « Les MRC connaissent leur monde. Ça devient gagnant pour le gouvernement qui donne un cadre avec une flexibilité territoriale. »

« On a été bon en gang »

« La gestion des fonds d’urgence s’est très bien passée, évalue Bernard Paré, président de l’Association des directions du développement économique local du Québec et directeur général de Développement Côte-de-Beaupré. Ça nous a permis de tester notre capacité de rebond et l’efficacité des liens avec le Ministère. Mais ça été éprouvant! La plupart des MRC ont presque doublé le nombre d’entreprises dans leur portefeuille. Il a fallu fournir un effort important. Un travail immense a été fait cette année par des travailleurs de l’ombre qui ont fait en sorte que des milliers d’entreprises ont été aidées. Des gens ont travaillé les soirs et les fins de semaine pour qu’on débourse rapidement et efficacement les sommes. Il y a eu des changements à plusieurs reprises. Les gens tant dans les régions qu’au ministère et au gouvernement ont été proactifs et en mode solution. On a été bon en gang. »

« Il faut arrêter de parler de tout ce qu’on a enlevé et trouver une façon de collaborer avec le gouvernement. Les MRC sont près de leur milieu et le gouvernement est très proche avec la réforme d’Investissement Québec. » – Nadia Minassian, préfète de la MRC du Rocher-Percé et présidente de la Table sur le développement local et régional de la FQM

Investissements records auprès des PME

Le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, se montre fier des actions posées auprès des PME dans la dernière année alors qu’en 11 mois (d’avril 2020 à fin février 2021) 1 300 interventions ont été faites auprès des PME dont les 2/3 sont des entreprises comptant moins de 50 employés. Sur les 2,2 G$ consentis par le gouvernement provincial en aide d’urgence, 912 M$ l’ont été pour ces entreprises de taille plus modeste. « C’est du jamais vu au Québec, explique-t-il. Nous sommes très présents en région. En moyenne depuis 4 ans, les investissements étaient de l’ordre de 250 M$. C’est donc près de quatre fois plus cette année. Bien sûr, la pandémie a créé un certain contexte, mais nous sommes très impliqués en région notamment avec Investissement Québec régional. Je suis très content de voir qu’on a donné beaucoup de pouvoirs aux MRC. »

« C’est du jamais vu au Québec. Nous sommes très présents en région. Bien sûr, la pandémie a créé un certain contexte, mais nous sommes très impliqués en région notamment avec Investissement Québec régional. Je suis très content de voir qu’on a donné beaucoup de pouvoirs aux MRC. » – Pierre Fitzgibbon

Réseau accès entreprise Québec

En novembre dernier, les ministres Pierre Fitzgibbon et Marie-Eve Proulx annonçaient la création du réseau Accès Entreprise Québec auquel une somme de 97,5 M$ sur 5 ans est allouée, dont 90 M$ seront consacrés à ajouter des ressources en développement économique dans les MRC. La FQM s’était alors réjouie de recevoir une réponse positive et concrète à sa demande de longue date d’injecter des sommes dans les MRC pour supporter leur développement économique local. Il s’agit là d’une reconnaissance claire des compétences et expertises des régions dans ce domaine.

« Les MRC sont maintenant reconnues, souligne Bernard Paré. En affaire, tout est une question de relation de confiance. On ne peut pas donner à un entrepreneur un numéro 1-800 et un courriel générique. Il faut une présence sur le terrain, une très grande proximité, du relationnel direct, de la confiance. Il faut comprendre finement le milieu. Accès Entreprise Québec c’est l’appui essentiel pour déployer la force de frappe. En 2015, les élus·es locaux ont pris sur eux de maintenir le support à l’entrepreneuriat. Il faut reconnaître leur courage. Autant la FQM que le gouvernement démontrent une sensibilité à ce que se développe un panier minimum de services, mais dans le respect des particularités locales. Ça démontre qu’ils comprennent les enjeux de dynamique locale. Avec deux nouvelles ressources dans chaque MRC, nous pourrons renforcer de façon importante la force de frappe et maximiser les fonds disponibles. »

Cette porte d’entrée des entreprises vers les services et organismes voués aux entrepreneurs allie uniformité dans l’approche de services tout en offrant la flexibilité nécessaire pour s’adapter à la réalité de chaque région. « À mon arrivée en poste, trois aspects me paraissaient importants dont le développement économique des régions, explique le ministre Fitzgibbon. Il y avait beaucoup de centralisation dans le développement économique. Il fallait donc décentraliser et remettre des ressources. Les régions ont besoin de capital humain. » Ainsi, au moment d’écrire ses lignes, le recrutement était en cours pour trouver quelque 250 professionnels en développement économique.

Parmi les autres actions visant à régionaliser le développement économique figurent l’adaptation des fonds locaux d’investissement (FLI) aux nouvelles réalités des entrepreneurs et entreprises, la poursuite de la collaboration avec les MRC afin de compléter le réseau des fonds locaux de solidarité (FLS), le fonds Capital régional coopératif Desjardins (CRDC) et les autres sources de financement régional.

FLS FTQ : Comment aider à aider?

Pour une organisation telle que les Fonds locaux de solidarité FTQ, la dernière année a quelque peu changé la nature des activités alors que les besoins se situaient dans l’aide d’urgence plutôt que dans le financement de projets de développement. « Les MRC ont rapidement eu le mandat PAUPME. On s’est alors demandé comment on pouvait les aider. Notre mandat est de soutenir les structures de développement économique nommées par le gouvernement, mais nous ne sommes pas en lien direct avec les entreprises, explique Éric Desaulniers, directeur général des Fonds locaux de solidarité FTQ. On s’est retourné assez vite sur un 10 cennes. On coache les équipes, on les suit, on les forme en ateliers virtuels depuis septembre, notamment en présentant des webinaires sur différents sujets en lien avec la pandémie et la crise pour appuyer les équipes dans les MRC. » De plus, en tant que partenaires financiers des MRC, ils ont permis à celles-ci d’offrir un moratoire d’intérêts aux entreprises financées par le FLS.

La FQM s’était alors réjouie de recevoir une réponse positive et concrète à sa demande de longue date d’injecter des sommes dans les MRC pour supporter leur développement économique local. Il s’agit là d’une reconnaissance claire des compétences et expertises des régions dans ce domaine.