Parue dans Marché MUNICIPAL, Vol. 14 No 1, mars 2019

Au Québec, plus de 240 municipalités vivent directement de la forêt. Vecteur de croissance important de l’économie des régions, celle-ci fait émerger les réelles couleurs d’une industrie aux multiples possibilités. Souvent critiqué, l’aménagement forestier respecte pourtant plusieurs critères essentiels au maintien d’un écosystème en santé et durable. Les études le démontrent : là où il y a de l’aménagement forestier, il n’y a pas de déforestation!

C’est ce que le Collectif pour une forêt durable tente d’inculquer avec l’initiative Une forêt de possibilités. Elle met de l’avant les retombées bénéfiques pour les régions en plus de démystifier les croyances liées aux pratiques de la coupe des arbres et des opérations forestières.

Les mythes de l’aménagement forestier

Dans les forêts publiques, qui couvrent 90 % du territoire forestier québécois, la coupe avec protection de la régénération et des sols (CPRS) est la pratique la plus utilisée par les entreprises forestières. La méthode consiste à couper les arbres sans abîmer les sols en plus de permettre la régénération et de contribuer au développement de l’environnement existant. Même dans le secteur privé, ceux-ci sont aussi choisis avec soin. C’est surtout les arbres en mauvaise santé ou indésirables qui seront abattus, afin de conserver une forêt riche où les arbres vont vivre longtemps et résister plus facilement aux maladies.

Michel Vincent, directeur économique au Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ), observe depuis des années les gains que cette approche de développement durable a pour les régions. « L’industrie est obligée par la loi de remettre la forêt dans le même état qu’elle était avant la coupe des arbres. Nous travaillons avec un régime écosystémique, c’est-à-dire que les interventions humaines essaient de récréer ce que la nature fait déjà d’elle-même. On récolte le bois avant que les insectes ne s’en emparent. On coupe les arbres avant que les incendies ne les ravagent. Cet aménagement est le même dans l’ensemble du Québec, bien qu’il varie d’une région à une autre, puisque les écosystèmes y sont différents. Nous nous conformons aux réalités forestières et biologiques des forêts. »

Une forêt bien aménagée engendre des répercussions économiques significatives pour les régions touchées. « D’un point de vue économique, ça envoie un signal aux régions que les forêts sont là pour rester et aux industries que le bois est fourni sur une base perpétuelle. Toutes les régions du Québec ont leur capital et leur intérêt, ce qui envoie un message de pérennité de l’industrie forestière. »

Les effets induits de l’aménagement forestier assurent une stabilité économique. Les chemins pour les randonnées sont entretenus et façonnés par l’industrie forestière, ce qui contribue au développement local.

Les lieux récréatifs et les activités comme les espaces de récréation, les aires protégées, le tourisme, la construction, la production de papier, l’entretien de la faune et la chasse profitent de ces bonnes pratiques. La population peut ainsi avoir une qualité de vie dans un environnement aménagé de façon durable et écosystémique.