Parue dans le magazine Marché MUNICIPAL, volume 15 – No 1 / mars 2020

La protection des milieux naturels est devenue l’une des principales priorités environnementales de la Ville de Mont-Saint-Hilaire. Elle le souligne avec vigueur par le projet Faire du piémont du mont Saint-Hilaire qui a obtenu une prestigieuse reconnaissance en 2019.

En effet, le projet Faire du piémont du mont Saint-Hilaire a obtenu le prix Conservation et mise en valeur des habitats naturels dans le cadre des prix Conscientia. Cette initiative conjointe de la Ville et du Centre de la Nature Mont-Saint-Hilaire vise à préserver les milieux naturels et humides du piémont.

CONSERVER NOS ÉCOSYSTÈMES

Les origines de cette démarche remontent aux années 90 lorsqu’un projet de développement immobilier nuisait à la préservation des terrains situés au pied de la falaise où nichait le faucon pèlerin, une espèce menacée devenue par la suite l’emblème de la Ville. Une grande mobilisation citoyenne a eu lieu pour s’opposer à ce développement, et pour protéger les terrains, maintenant connus sous le nom du Parc de conservation Savoy. Cette lutte a mener à l’acquisition par la municipalité de terres situées à proximité à des fins de conservation.

« C’était la première pièce du casse-tête qui a permis de protéger le piémont, souligne Geneviève Poirier-Ghys, responsable de la conservation et des communications au Centre de la Nature Mont-Saint-Hilaire. La majeure partie de la montagne appartient à l’Université McGill où elle a obtenu le statut officiel de protection. Parce qu’ils étaient en zone d’éboulement et qu’il y avait des espèces protégées, les terrains en piémont ont été acquis par différents partenaires, dont la Ville et le Centre. »

Tous ces terrains situés en piémont sont désignés sous la bannière de réserve naturelle, un statut de conservation octroyé par le gouvernement du Québec. L’objectif premier est d’en faire un important réseau d’aires protégées, diversifiées, connectées et accessibles.

Au début des années 2000, la préservation du piémont est devenue une priorité pour la Ville et le conseil municipal. Pionnière en la matière, la Municipalité a développé une vision de conservation pour le piémont et pour les autres milieux naturels de son territoire.

Ainsi, ce sont près de 145 hectares qui ont été protégés depuis les années 80, ce qui équivaut à la superficie d’environ 200 terrains de soccer.

RESTAURER POUR MIEUX PRÉSERVER

Un deuxième volet au projet a été mis sur pied pour maximiser la protection des milieux naturels, soit la restauration. Pour le Centre, c’était une suite logique aux actions de conservation, puisque l’un des buts était d’aider la nature à reprendre le contrôle de l’écosystème. Le volet restauration étant un élément essentiel, afin d’éviter une utilisation indésirable des lieux.

Les intervenants ont décidé de s’attaquer à la restauration des infrastructures municipales afin de les convertir en infrastructures vertes. Dans le cadre de l’adaptation aux changements climatiques, cette avenue était la plus efficace.

Pour Geneviève Poirier-Ghys, une installation municipale peut également assumer des fonctions environnementales si on lui en donne les propriétés. C’est dans cette optique qu’un bassin de rétention des eaux a été réhabilité au piémont.

À la suite de la conversion, le bassin conserve toujours ses objectifs de retenir l’eau de pluie et de mettre les maisons à l’abri des risques d’éboulements. « Ce n’est pas parce qu’une infrastructure a une fonction de rétention qu’elle ne peut pas avoir une fonction écologique. Pas besoin de tout concevoir en gravier, nous pouvons très bien aménager une pente plus douce en y plantant des arbres. Lorsque les gens se promènent dans le secteur, ils ont l’impression de faire de la randonnée dans un milieu naturel, alors qu’ils circulent près d’un réservoir de rétention des eaux », a-t-elle illustré.

D’autres projets de restauration des milieux ont également été réalisés. Une ancienne route a été convertie en forêt, des mares ont été aménagées sans compter la plantation d’arbres et d’arbustes qui permettent de donner un coup de pouce à la régénération naturelle. De fait, ce sont plus de 8 800 arbres qui ont été plantés, dont une cinquantaine auraient été coupés dans le cadre de développement de rues résidentielles.

Si le volet conservation du projet a fait en sorte de protéger le milieu à perpétuité, le volet restauration a, quant à lui, permis d’offrir une plus-value écologique à des infrastructures municipales pour rétablir la biodiversité.

FAVORISER LA MOBILITÉ PAR L’AMÉNAGEMENT DURABLE

Le sentiment d’appartenance envers son milieu est l’un des puissants outils de sauvegarde de nos habitats. Or, la Ville de Mont-Hilaire a pris conscience que pour accroître et maintenir ce sentiment auprès de ses citoyens, elle doit faciliter l’accès à cet espace par l’aménagement de sentiers en piémont. Un volet accessibilité a d’ailleurs été inscrit dans le plan de développement d’urbanisme durable de la Ville de Mont-Saint-Hilaire.

Cette avenue favorise la mobilité active par la connexion des quartiers entre eux, et elle fournit une alternative à la voiture. Les visiteurs peuvent dorénavant se rendre en vélo à la fin du sentier qui se termine à la réserve naturelle Gault de l’Université McGill. Il est également possible de prendre le transport collectif pour se diriger à la montagne.

Cette initiative qui s’est échelonnée sur une quinzaine d’années a eu des retombées environnementales et sociales significatives pour la communauté. En plus de mobiliser plus de 1700 bénévoles dans un projet commun et constructif, ce sont huit espèces en périls qui sont dorénavant protégés grâce aux activités de conservation.

L’aménagement demande un entretien minimaliste des lieux, puisque la nature joue déjà un rôle de régulateur. « La nature sait comment travailler, et elle le fait bien, alors quand on lui réattribue sa place, tout le système opère comme il se doit dans l’ordre naturel des choses », a conclu Mme Poirier.

À propos des Prix Conscientia

Chapeautée par le Conseil régional de l’environnement en Montérégie, la remise des prix Conscientia a pour objectif de souligner la contribution exceptionnelle à la protection de l’environnement à la promotion et la mise en œuvre du développement durable dans la région.

 

Crédit photo : Centre de la Nature Mont-Saint-Hilaire