Par Jean-Philippe Langlois, urbaniste, conseiller en gestion des risques | Urbanisme et environnement à La Mutuelle des municipalités du Québec

Les inondations de 2017 et de 2019 rappellent que l’idée d’avoir une belle maison sur un site enchanteur à proximité de lacs et cours d’eau peut devenir cauchemardesque. Malgré l’étendue des connaissances en hydrologie, trop de gens sont touchés par les inondations et les données sur l’évolution des changements climatiques indiquent que la situation n’est pas près de se résorber. Dans ce contexte, deux concepts ont plus que jamais intérêt à être considérés comme des incontournables dans les décisions municipales tant en fiscalité qu’en développement du territoire. Il s’agit de la résilience et de l’adaptation aux changements climatiques.

Qu’avez-vous mis en place pour optimiser la gestion des eaux pluviales dans votre municipalité? Avez-vous adapté vos règlements municipaux en conséquence? Votre équipe de travaux publics a-t-elle modifié ses pratiques pour en tenir compte et continuez-vous à vous occuper de l’entretien des fossés de la même façon que vous le faites depuis plusieurs décennies? Voilà des questions pertinentes à se poser.

Pourquoi votre municipalité doit-elle s’adapter aux changements climatiques?

Parce que les changements climatiques sont en train de modifier considérablement notre rapport face au comportement des eaux, comme en témoignent les statistiques suivantes :

  • Les températures passent plus facilement d’un extrême à l’autre. Conséquemment, le nombre de cycles de gel/dégel est en hausse depuis quelques années. Alors que certains secteurs étaient habitués à environ 4 ou 5 cycles du genre chaque hiver, le nombre est passé à environ 15 à 20 cycles. Uniquement pour l’hiver 2018-2019, certains secteurs du sud du Québec en ont observé près de 20 uniquement durant les mois de janvier et février. De tels cycles de gel/dégel mettent à mal différentes infrastructures urbaines souterraines et de surface. De plus, les épisodes de pluies suivis de baisses drastiques de températures sous les zéro degré Celsius ont transformé certains secteurs en patinoire.
  • Les quantités de précipitations de tous genres (neige et pluie confondues) seront de plus en plus importantes. Selon des chercheurs de l’Université de Winnipeg, Montréal devrait recevoir 50 centimètres de plus de neige en 2050 qu’en 2005. À Québec, c’est près de 65 centimètres de plus. Cette importante quantité de neige est par ailleurs un des facteurs en cause dans les inondations de 2017 et 2019. De plus, selon les données collectées par Ouranos, la quantité de précipitations sous forme de pluie sera en hausse partout au Québec, et ce, peu importe la saison. Les épisodes de précipitations de pluie seront aussi plus abondants et le nombre d’épisodes extrêmes sera en hausse.
  • La hausse du niveau de la mer a déjà une influence dans le golfe du Saint-Laurent. Plusieurs régions sont davantage exposées au phénomène d’érosion côtière. Ce phénomène est accentué par la réalité des changements climatiques, puisque le couvert de glace sur le fleuve Saint-Laurent, qui agit comme un tampon lors des grandes marées et des tempêtes, est moins présent.

Vous aimeriez obtenir plus de détails sur les mesures que votre municipalité peut mettre en place pour s’adapter aux changements climatiques? Consultez le texte sur le sujet ou communiquez avec les conseillers spécialisés du Service de la gestion des risques de La Mutuelle des municipalités du Québec.