Évitez d’être débordés en adoptant un plan de gestion des eaux pluviales

Par Jean-Philippe Langlois

En raison de plusieurs événements dont ceux liés aux changements climatiques, les réseaux d’égouts débordent plus facilement entraînant davantage de dommages aux propriétés. Ceux-ci peuvent s’aggraver si la gestion municipale des eaux pluviales ne s’adapte pas à ce contexte. En effet, la capacité des réseaux a été calculée en fonction des régimes de pluies moins sévères observés dans le passé, alors que les débits maintenant mesurés sont supérieurs et qu’ils continueront d’augmenter selon les experts. En clair, les réseaux d’eaux pluviales débordent de plus en plus facilement, entraînant toujours plus de dommages aux propriétés.

Pour prévenir ce risque, adopter un plan municipal de gestion des eaux pluviales peut être avantageux. Il permet d’inventorier les dommages liés à ces eaux et de cibler des actions visant à amoindrir leurs impacts. Il peut même permettre de réaliser une planification du développement urbain plus respectueuse des conditions naturelles présentes sur les lieux.

Inventorier les dommages causés

Dans un premier temps, il est essentiel de documenter divers événements survenus sur le territoire, tels :

  • les débordements de fossés;
  • les refoulements d’égouts;
  • le blocage de ponceaux et de fossés;
  • l’érosion de terrain.

Ensuite, il faut identifier :

  • les endroits touchés par ces problématiques;
  • la récurrence des événements;
  • les conditions météorologiques observées lors des incidents.

Pour documenter ces faits et événements, une carte comprenant les lieux touchés et un registre consignant les faits sont deux outils utiles qui, une fois combinés, pourront être révélateurs. En développant ainsi une connaissance empirique du territoire et des problèmes d’eaux pluviales, il sera possible pour les décideurs d’identifier les actions à mettre en place pour diminuer les risques de dommages.

Mettre en place des actions ciblées

Pour mieux contrôler les eaux pluviales, plusieurs stratégies et actions préventives existent et le guide
La gestion durable des eaux de pluie  publié par le Ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire (MAMOT) en regorge d’exemples.

Pour les milieux urbanisés, plusieurs mesures efficaces peuvent être mises en pratique. Le débranchement des gouttières et des drains de fondation des réseaux d’égouts en est un exemple tout comme la réduction de l’utilisation des matériaux imperméables dans différents espaces, dont les stationnements. Il faut cependant que le règlement de zonage autorise l’utilisation de matériaux perméables. Une municipalité peut aussi obtenir une immunité légale en cas de refoulement d’égouts si le conseil adopte, conformément à la Loi sur les compétences municipales, un règlement obligeant les propriétaires à se munir de dispositifs antirefoulements.

Amorcer un exercice de planification du développement urbain

Pour les secteurs en développement, il est nécessaire de planifier l’urbanisation en fonction des différents éléments présents dont :

  • la capacité effective des infrastructures projetées (égouts, fossés de drainage, etc.);
  • les contraintes naturelles, comme les terrains sensibles à l’érosion ou ceux présentant de fortes pentes ou encore les zones inondables;
  • les particularités des milieux naturels à valeur écologique, incluant les milieux humides qui régulent les niveaux d’eau.

Une municipalité devrait tenir compte de ces éléments dans son plan d’urbanisme et exiger que  les développeurs réalisent eux aussi un tel exercice de planification pour les projets de développement immobilier. Elle peut également demander à un promoteur d’identifier les contraintes naturelles et anthropiques au développement ainsi que prévoir des mesures de contrôle ou d’atténuation.

À titre d’exemple, la MRC de Rouville en Montérégie prévoit dans son  schéma d’aménagement et de développement révisé une série de critères que tout nouveau projet de développement immobilier doit respecter pour être mieux protégé contre les effets néfastes des changements climatiques. Mentionnons que les municipalités locales faisant partie de cette MRC doivent elles aussi considérer ces critères.

Pour terminer, retenons qu’une gestion efficace du drainage des eaux pluviales impose un effort de planification. Une municipalité doit connaître les problématiques présentes sur son territoire et en tenir compte dans sa gestion du développement urbain. Elle doit également prendre des mesures préventives ciblées pour diminuer les risques de dommages par les eaux pluviales. Pour obtenir de plus amples renseignements sur le sujet, les membres sociétaires de La Mutuelle des municipalités du Québec peuvent contacter son équipe de la gestion des risques.

Jean-Philippe Langlois
Conseiller en urbanisme et environnement
La Mutuelle des municipalités du Québec