Parue dans Marché MUNICIPAL, Vol. 14 No 1, mars 2019

Issue du désir de s’arrimer aux nouvelles réalités environnementales et économiques, la MRC de La Nouvelle-Beauce a entamé son virage vert par la mise en œuvre de l’initiative Ensemble vers le zéro déchet.

La nouvelle campagne s’attaque à la gestion des matières résiduelles, une priorité pour la MRC qui a le mandat de diminuer la gestion de ses déchets sur l’ensemble de son territoire. Le projet pose ses fondements sur la responsabilité partagée par les citoyens, les entreprises et les municipalités d’adopter de bons réflexes quand vient le temps d’effectuer le tri de ces matières.

Christian DesAlliers, technicien en gestion des matières résiduelles à la MRC de La Nouvelle-Beauce, a constaté qu’il est beaucoup plus coûteux d’enfouir les déchets que de les recycler.

« À la MRC, nous nous sommes aperçus que cela nous coûte jusqu’à 40 fois plus cher de gérer les déchets que de recycler et de faire du compostage. Seulement en 2017, le coût de l’enfouissement de nos déchets s’est élevé à 3,3 millions de dollars. Or, la même année, la gestion de nos matières recyclables nous a seulement coûté 14 500 $ après les déductions du Régime de compensation pour la collecte sélective des matières recyclables de RECYC-QUÉBEC. La différence est énorme. »

La MRC bénéficie également du Programme sur la redistribution aux municipalités des redevances pour l’élimination de matières résiduelles qui permet de financer la mise en place des programmes de gestion des matières résiduelles (PGMR). Ainsi, pour la MRC de La Nouvelle-Beauce, 96 % des frais liés au recyclage sont remboursés, ce qui fait qu’il reste seulement 4 % à débourser. Plus une municipalité est performante dans la gestion de ses matières résiduelles et recyclables, plus le pourcentage des subventions est élevé. Mieux les citoyens recyclent, moins cher sera le coût pour gérer les matières recyclables.

« Ce que beaucoup de gens ignorent, c’est qu’il y a un montant dans le prix des produits recyclables qui sert à payer une redevance à RECYC-QUÉBEC. Par exemple, un certain montant du prix d’une bouteille de vin sert à gérer le recyclage de cette même bouteille. Autrement dit, en tant que citoyens, nous payons déjà une part du recyclage dans le prix du bien que l’on achète. »

Une bouteille de vin coûte en moyenne 0,2 cent à recycler, alors qu’elle coûte 10 cents à enfouir. Lorsque le citoyen jette sa bouteille de vin, il gaspille ce qu’il a déjà payé pour recycler la matière. Les gens ne profitent pas du bien, ils dépensent alors de l’argent pour faire une mauvaise gestion d’une ressource qui peut être réutilisée.

Sensibiliser pour mieux éduquer

L’objectif premier de la campagne est d’abord d’éduquer la population afin qu’elle acquière de meilleures connaissances en matière de gestion des matières résiduelles. La MRC a lancé le guide Le tri simplifié, un premier outil pour accompagner les citoyens dans une bonne démarche de gestion de leurs matières.

Avec le guide, les responsables de la campagne souhaitent amener les gens à penser au-delà de la catégorisation. Le guide Le tri simplifié est classé par matière (papier, métal, plastique, etc.) et non par type de bac ou de lieu de récupération. Les citoyens ont ainsi une meilleure idée de la manière d’utiliser et de disposer de la matière. On y mentionne ce qui va dans les écocentres, par exemple les aérosols. Aussi, il est recommandé dans le guide de réemployer un livre et d’ensuite le recycler.

D’autres projets sont à venir pour la MRC, dont l’accompagnement d’entreprises et d’organismes dans la gestion de leurs matières recyclables et résiduelles lors d’événements.

L’image en début de chronique est le logo officiel de la démarche de réduction des matières résiduelles de la MRC de La Nouvelle-Beauce.